Le libre choix fait du bruit
Le collectif «Si je veux» a recueilli en quelques jours plus de 630 signatures pour sa pétition défendant l'autodétermination des femmes en matière d'IVG.
La pétition court jusqu'au 1er juin. Un premier pas pour le collectif qui entend bien ne pas s'arrêter là pour dénoncer la réforme de l'IVG qui prend forme. / De notre journaliste Audrey Somnard
La journée internationale de la Femme tombait hier opportunément pour le collectif «Si je veux». Il cherche à donner une exposition médiatique maximale à sa pétition en ligne pour une modification de la réforme annoncée sur l'IVG, actuellement au stade de projet de loi. Quatre porte-parole ont été désignées pour répondre à la presse et expliquer les fondements de leur engagement pour le libre choix et une meilleur prévention de l'avortement grâce à une politique d'éducation sexuelle plus efficace.
La pétition a été lancée en ligne en fin de semaine dernière et dès hier, le collectif pouvait s'enorgueillir d'avoir enregistré plus de 630 signatures. «C'est impressionnant», confie Christa Bremmel, l'une des porte-parole, agréablement surprise par l'assentiment recueilli par cette jeune pétition. «La présence de 40personnes à notre première réunion le 25 février a créé une dynamique suscitant de l'intérêt pour des gens pourtant apolitiques. Les intervenants ont livré des témoignages frappants. Nous voulons véhiculer l'idée que trente ans après la loi sur l'interruption volontaire de grossesse et malgré le merveilleux travail du Planning familial, il y a toujours des choses qui clochent», ajoute-t-elle.
«Sur l'autel de la paix de la coalition»
Et ce n'est pas le projet de loi présenté par le ministre de la Justice et approuvé par la coalition au pouvoir qui va faire évoluer les choses dans le bon sens, selon le collectif. «Ce n'est pas ce que le Planning avait demandé! Les progrès qu'avaient accomplis les socialistes avec la proposition de Lydie Err ont été sacrifiés sur l'autel de la paix de la coalition. Nous le voyons bien, les femmes socialistes sont peu présentes dans notre pétition, elles sont très mal à l'aise face à ce sujet», confie Christa Bremmel. Le président de la fraction socialiste, Lucien Lux, n'a pas pu être joint par téléphone hier.
Côté CSV, on ne comprend pas le problème. «Nous sommes en démocratie. Ce collectif a le droit d'émettre une pétition. Je me demande contre quoi ils militent... Pourtant, nous allons dans leur direction», regrette Nadia Rangan, secrétaire de la fraction CSV.
Le projet de loi est actuellement examiné par le Conseil d'État. Le collectif pense avoir sa carte à jouer au moment où le texte passera en commission parlementaire. Si le cheminement législatif suit son cours, la pétition devrait rester en ligne jusqu'au 1er juin. Si les choses s'accélèrent, le collectif pense déjà à d'autres formes d'action pour que le débat sur la réforme de la loi sur l'IVG reste sous le feu des projecteurs médiatiques.
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