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Au Grand-Duché, un suicide tous les 4 jours

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image Le nombre de décès par suicide est au Luxembourg plus élevé que le nombre de décès dus aux accidents de la route.

Au Luxembourg, 90 personnes se sont suicidées en 2007 (chiffres officiels les plus récents). La tendance est à la hausse depuis 2005.

Une personne met fin à ses jours toutes les 40 secondes dans le monde. Le suicide constitue un énorme problème de santé publique qui pourrait en grande partie être évité, selon l'OMS. / De notre journaliste Olivier Landini

Une personne met fin à ses jours toutes les 40 secondes dans le monde. Le constat est violent. Il y a en effet plus de morts par suicide que de morts provoquées par les conflits armés à travers le monde. Le phénomène est difficilement chiffrable, cependant l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à environ un million par an le nombre de personnes qui se donnent la mort. Sans compter les tentatives de suicide.
Journée nationale: 4e édition

La journée nationale de Prévention du suicide a lieu aujourd'hui au Luxembourg. Organisée par un réseau de professionnels de la santé (Suizidvernetzungsinitiativ), cette journée vise notamment à sensibiliser le grand public. Initiée en 2007, cette quatrième édition a pour thème le lien entre suicide et dépendance (voir par ailleurs).
Demain les professionnels se réuniront ensuite à l'occasion d'une journée d'études.

Le Luxembourg n'est bien sûr pas épargné. En 2007 (chiffres les plus récents), ils étaient ainsi 59 hommes et 31 femmes à s'être donné la mort sur le territoire grand-ducal, selon les services du ministère de la Santé. Ces décès sont plus nombreux que ceux dus aux accidents de la route. Et la tendance a de quoi inquiéter. En effet, on observe une augmentation, certes lente, mais constante du nombre de suicides depuis 2005.

L'OMS considère le suicide comme un problème de santé publique énorme, mais qui serait pourtant en grande partie évitable. Et c'est dans ce contexte que l'organisation a lancé en 1999 un vaste programme de prévention du suicide.

Les suicides totalement inattendus sont rares

L'OMS a notamment élaboré, avec l'aide d'experts du monde entier, une série de principes directeurs destinés à différents types de publics qui ont tous un rôle à jouer dans cette prévention du suicide comme les professionnels de la santé, les enseignants, le personnel pénitentiaire, les professionnels des médias et les rescapés de tentatives de suicide.

Ces principes directeurs sont désormais disponibles dans plus d'une douzaine de langues. On compte parmi eux tout d'abord quelques indices qui permettent d'identifier une personne suicidaire.

Il s'agit pour l'essentiel de facteurs individuels et sociodémographiques fortement correlés à des passages à l'acte: troubles mentaux, maladies organiques, antécédents personnels de tentative de suicide, antécédents familiaux de suicide, d'alcoolisme et de tout autre trouble mental, divorces, veuvage et célibat, solitude, chômage, retraite et deuil dans l'enfance.

Le document publié par l'OMS donne également aux intéressés d'autres indications très concrètes, par exemple le moment où il semble nécessaire d'hospitaliser un patient et comment le faire.

Ainsi, l'Organisation mondiale de la santé préconise l'internement immédiat pour des patients présentant des pensées récurrentes de suicide, une intention majeure de mourir, un état d'agitation ou bien encore le projet annoncé d'être violent.

Toujours selon l'OMS, les suicides totalement inattendus seraient plutôt rares. La plupart des suicidés auraient avant leur passage à l'acte en effet clairement fait part de leur intention de mettre fin à leurs jours, si l'on en croit les experts. Toute menace de suicide serait donc à prendre au sérieux et différentes mesures seraient d'ailleurs à prendre le cas échéant : rendre moins accessibles les moyens de se suicider (pesticides, produits pharmaceutiques et armes à feu), soigner les personnes atteintes de troubles mentaux (surtout les dépressifs, les alcooliques et les schizophrènes) et assurer le suivi des personnes qui ont déjà fait une tentative de suicide.

Les spécialistes de l'OMS expliquent finalement que le suicide intervient souvent non pas au plus profond du désespoir, mais lorsqu'il y a un léger mieux et que l'on a l'énergie et la volonté nécessaires pour passer à l'acte. 

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