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La CGFP met les points sur les i

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image Romain Wolff (au centre) a plaidé hier pour un report de la tripartite afin de pouvoir entamer les négociations avec des chiffres plus fiables sur la situation économique et financière du pays (Photo: Martine May)

Réunie hier matin pour son comité national, la Confédération générale de la fonction publique a fait le point sur la situation économique et financière du pays. «Il n'y a aucune raison de tomber dans le catastrophisme», estime le secrétaire général Romain Wolff.

De notre journaliste
David Marques


La CGFP continue sa lutte pour entamer les réunions de la tripartite, annoncées pour les mois de mars et d'avril, sur des bases solides. Hier, le comité national du syndicat de la fonction publique a dressé un nouveau bilan intermédiaire sur la situation économique et financière du pays. Et les derniers chiffres officiels démontrent que la sortie de la crise se profile à l'horizon. La croissance économique au troisième trimestre était ainsi de 4,2 %.
Au vu de ces chiffres, la CGFP se voit confirmée dans sa position que le Luxembourg n'a pas besoin d'un démantèlement social. Cela est d'autant plus vrai que la situation sur le marché de l'emploi continue à se dégrader. «Le chômage constitue un grave problème, a souligné hier le secrétaire général de la CGFP, Romain Wolff. Les mesures pour contrer ce phénomène ont certes leur prix mais demeurent indispensables. Il nous faut faire preuve de solidarité.» Dans ce contexte, la CGFP se dit prête à soutenir une hausse de l'impôt de solidarité, à condition néanmoins que le patronat soit lui aussi impliqué.
D'une manière plus générale, le syndicat de la fonction publique tente d'équilibrer le débat avant d'entamer les négociations dans le comité de coordination tripartite. Après l'entrevue avec le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, la CGFP a lancé hier un nouvel appel aux hommes politiques de jouer cartes sur table. «Si le gouvernement dispose d'autres chiffres que ceux que nous connaissons, il est grand temps qu'ils soient mis sur la table», clame Romain Wolff.


Des sujets tabous

Toujours dans l'intérêt de la transparence, la CGFP estime que la tripartite arrive trop tôt. «Il vaudrait mieux attendre afin de disposer de chiffres plus fiables.» Au-delà de la date, le syndicat de la fonction publique s'attend à des négociations très tendues. «La tripartite risque de devenir une épreuve pour la société dans son ensemble», souligne Romain Wolff. «Le cadre fixé par le pacte de stabilité que le gouvernement vient de présenter ne laisse pratiquement pas de marge de manœuvre pour une négociation saine», précise le secrétaire général.
Il existe cependant des sujets classés «tabou» par la CGFP. Parmi ces derniers, le statut du fonctionnaire. Dans ce même contexte, une baisse des traitements ou une discussion sur l'indexation des salaires et pensions sont exclues. «Tous les sujets liés directement à la fonction publique n'ont de toute façon pas lieu d'être dans la tripartite», note Romain Wolff.
Au lieu de s'attaquer aux acquis sociaux, la CGFP plaide pour un «effort national». Une des nouvelles pistes pour y parvenir est selon le syndicat la fraude fiscale. Les ressources financières qui sont à récupérer sur ce dossier pourraient éviter des hausses fiscales. «Toute décision devra être le résultat d'une négociation âprement menée», rappelle finalement la CGFP. 

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