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Les postiers face à l'inconnu

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image Une bonne soixantaine de délégués de la section Poste du LCGB ont pris part à cette assemblée générale extraordinaire.

La libéralisation de tout le secteur postal suscite des craintes et des revendications. Le personnel manifeste sa volonté d'accompagner une métamorphose inéluctable.



Blotti au pied de l'église de Weimerskirch, le centre culturel Am Duerf a prêté ses murs à l'assemblée générale extraordinaire de la section Poste du LCGB. Une bonne soixantaine de délégués y ont pris part ainsi que le président national du syndicat chrétien, Robert Weber. / De notre journaliste Jacques Paturet

La présentation de l'Agenda 2012 et les moyens de transformer l'actuelle Entreprise des postes et télécommunications (EPT) en société privée étaient à l'origine de cette réunion qui a duré plus de quatre heures avant d'aboutir à une résolution adoptée par l'assemblée.

«Après plus de trente années de syndicalisme, j'en ai vu de toutes les couleurs», affirme Robert Weber. Selon lui, primo, il y a une directive européenne qui prône la libéralisation; secundo : impossible de s'y opposer, impossible de refuser la mise en place de nouvelles stratégies par une entreprise qui a la volonté de devenir plus performante; tertio : pour que ce changement se fasse en toute sérénité, l'entreprise doit tenir compte de sa responsabilité sociale. Robert Weber se prononce sans ambiguïté pour une centralisation de l'ensemble du personnel et refuse catégoriquement la voie de la «filiérisation». En clair, il n'est pas question de disséminer le capital humain et il faut que le statut d'employé de l'EPT soit le même pour tous les salariés.

Conclusion: la restructuration inéluctable qui fera de l'EPT une entreprise plus performante et plus économique ne devra pas se faire sur le dos du personnel. Et le président réclame une véritable participation dans des structures de cogestion et de réflexion.

Une mission à bien cibler

Le secrétaire général de la section Poste, Jean-Paul Baudot, enfonce un peu plus le bouchon. «L'entreprise doit rester impérativement la seule propriété de l'État», déclare-t-il. Il y a péril en la demeure, puisque, au terme d'une dernière phase de libéralisation, le courrier de moins de 50 g pourrait revenir à une entreprise concurrente. «D'où la nécessité de poser les bons accents et de bien se pencher sur la notion de service universel de la Poste», lance-t-il.

La suite des interventions allait démontrer que le moral des postiers est au plus bas. On cite l'exemple d'une importante défection, justifiée par des arrêts maladie, au centre de tri. «Normal, tout le personnel est sous pression, multiplie les heures supplémentaires. Il manque du monde. La direction est au courant, mais il n'y a pas de nouvelles embauches», selon Jean-Paul Baudot.

Le siège de nouveau président du comité directeur de l'EPT reste également à pourvoir. Dans le cadre d'un recrutement interne et externe, une bonne trentaine de candidatures ont été examinées... mais le fauteuil reste vacant.

Où va-t-on s'il n'y a plus de capitaine à bord? 

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