Metz-Thionville, projet de "métropole d'équilibre" entre Luxembourg et Nancy
Metz et Thionville, les deux premières villes de la Moselle, envisagent de constituer, entre Luxembourg au nord et Nancy au sud, une "métropole d'équilibre" de 600.OOO habitants pour laquelle plaide une récente étude de l'Insee.
"Si les deux agglomérations ne se rapprochent pas rapidement, elles seront coincées par la réforme (des collectivités territoriales, ndlr), les projections sur les compensations à la taxe professionnelle étant catastrophiques", estime Dominique Gros, maire PS de Metz (125.000 habitants, 430.000 avec son aire urbaine).
"Notre pays souffre de ne pas avoir de métropoles puissantes, capables de rivaliser avec les grandes villes européennes", ajoute Bertrand Mertz, maire PS de Thionville (42.000 habitants, 157.000 avec son aire urbaine). Dans sa proposition de réforme des collectivités locales présentée en mars 2009, le comité Balladur a préconisé la création d'ici à 2014, année des prochaines élections municipales, de onze métropoles d'au moins 450.000 habitants et dotées de compétences actuellement dévolues aux départements. Si elle était formée, la métropole Metz-Thionville, qui ne figure pas dans le projet de réforme, pointerait au 11e rang des aires urbaines du pays en termes de population et serait comparable à celles de Strasbourg, Toulon, Rennes ou Grenoble.
Pour créer une "dynamique d'attractivité" en faveur de la conurbation projetée, une récente étude de l'Insee préconise une "intercommunalité renforcée" entre d'une part Metz et Thionville et d'autre part, les quatorze communautés de communes qui, constituées entre les deux villes, freineraient le développement de la métropole envisagée, selon l'institut de statistiques. Celle-ci dispose, pour se constituer, d'atouts qui vont au-delà de la proximité géographique entre les deux villes et des bonnes liaisons routières et ferroviaires qui les unissent déjà, estime l'Insee: - bonne proportion d'emplois métropolitains supérieurs (6% des 212.500 emplois salariés, contre 14% à Grenoble et 10% à Strasbourg); - création active d'entreprises dans des secteurs innovants (plastiques, matériaux composites), l'automobile représentant toutefois 5% de l'emploi total;
- rayonnement culturel avec le centre Pompidou de Metz (ouverture prévue le 11 mai) et le centre dramatique national de Thionville grâce auxquels les deux villes espèrent devenir une plate-forme culturelle au coeur de l'Europe. Mais le projet de rapprochement souffre parallèlement de faiblesses, estime l'Insee:
- pas de pôle universitaire régional majeur, détenu par Nancy (seulement 30% des étudiants de l'académie sont à Metz, contre 85% pour Strasbourg et 77% pour Grenoble);
- pas de centre hospitalier universitaire, également à Nancy et reconnu comme l'un des meilleurs de France; - attractivité du Luxembourg voisin qui "pompe" 26.000 frontaliers issus de la zone.
Ces handicaps sont pointés par les partisans d'un projet de "sillon lorrain" qui regrouperait en métropole cette fois "multipolaire" Metz, Thionville, Nancy (110.000 habitants, 410.000 avec son aire urbaine) et Epinal (35.000 habitants, 90.000 avec son aire urbaine). "A deux, c'est bien. A quatre, c'est mieux", a commenté récemment Nathalie Colin-Oesterlé, la présidente mosellane du Nouveau Centre, en estimant que "se limiter à une relation bilatérale Metz-Thionville était une aberration".




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