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Quand différence rime avec discrimination

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image Selon le sondage TNS-ILReS pour le CET, 19 % des résidents victimes de discrimination l'ont été sur leur lieu de travail.

Sexe, âge, ethnie ou handicap: autant de sources d'inégalité malgré l'évolution de la législation.

La journée de la Diversité est organisée par l'équipe de la campagne européenne «Pour la diversité. Contre la discrimination». Cette année, elle fait escale à Chypre, en Suède, au Portugal et au Luxembourg. L'occasion de revenir sur la réalité de la discrimination dans le Grand-Duché. / De notre journaliste Camille Leroux

Cherchons homme blanc 25-35 ans hétérosexuel catholique», ironise la campagne du Centre pour l'égalité de traitement (CET) créé par la loi du 28 novembre 2006 (voir encadré). On pourrait encore ajouter «handicapés s'abstenir». Car même si la législation s'est emparée du problème de la discrimination, l'égalité de traitement est un objectif plus qu'une réalité.
Selon un sondage TNS-ILReS réalisé en 2008-2009, 28% des résidents ont déjà été victimes d'une discrimination au cours des trois dernières années - un chiffrLa loi du 28 novembre 2006

Cette loi transpose dans le droit luxembourgeois deux directives européennes de 2000 enjoignant les États membres à mettre en œuvre le principe d'égalité de traitement des personnes. Selon l'article 1er de la loi, «toute discrimination directe ou indirecte fondée sur la religion ou les convictions, l'handicap, l'âge, l'orientation sexuelle, l'appartenance ou non appartenance, vraie ou supposée, à une race ou ethnie est interdite».  
e qui atteint 33% pour les Portugais - et 26% en ont été témoins. Une proportion qui reste relativement homogène selon l'âge (voir tableau ci-dessous).
Et même si le racisme demeure pour les sondés le motif le plus évident de discrimination (38 %), devant la nationalité (32 %) et le sexe (28 %), dans la réalité ce n'est pas forcément le plus répandu.
Les sondés qui se sont déjà sentis discriminés invoquent un privilège accordé à une personne et non une autre sans raison (28 %), les origines et/ou la non-maîtrise du luxembourgeois (26 %), et dans une moindre mesure, l'apparence physique (9%), le sexe (8 %), l'handicap et l'âge avancé (6 %), une caractéristique familiale comme le nombre d'enfants ou la monoparentalité (5%) ou encore l'orientation sexuelle (2 %). «En fait, les gens peuvent se sentir discriminés par rapport à des motifs que le CET ne couvre pas forcément comme la langue ou l'apparence physique», remarque Nathalie Morgenthaler, chargée de direction au Centre.
Le sondage distingue également les témoins de discriminations - 26% au total. La moitié ont constaté une différence de traitement fondée sur les origines et/ou la non-maîtrise du luxembourgeois. 42 % ont observé l'octroi d'un privilège sans raison.

37 % des victimes sont résignées

Ces discriminations sont évidemment très mal vécues par les victimes. Un tiers expriment de la rancœur et du stress; 22 % avouent une perte de confiance et un repli; 15 % un sentiment de rejet.
Pourtant, fait inquiétant, 52 % des victimes et des témoins n'ont pas réagi (voir ci-dessous). «Souvent, la résignation est à l'ordre du jour (37 %) ou bien les gens ne veulent pas par commodité - il faut faire certaines voire plusieurs démarches pour remédier à une situation discriminatoire», explique Nathalie Morgenthaler.
Et puis il faut pouvoir prouver l'inégalité de traitement. 41 % des sondés ayant eu des difficultés pour le faire avancent l'absence de témoins ou de preuves, et 20 % ont essuyé un refus de prendre leur cas en compte.
Ceci montre l'ampleur de la tâche du CET. La centaine de dossiers reçus pour l'instant rapportent principalement des cas liés à l'ethnie, au sexe et au handicap, et dans une proportion plus faible à l'âge et à la religion. Au CET de les informer sur la législation, la jurisprudence et les moyens de faire valoir leurs droits.
Mais il n'a pas le droit d'intervenir dans les dossiers faisant l'objet de procédures judiciaires en cours. «Selon le sondage, 12 % des victimes ne savent pas à qui s'adresser. C'est triste et alarmant à la fois», déplore Nathalie Morgenthaler, interprétant ce chiffre comme un «manque de communication des autorités compétentes et un manque de savoir des concernés».
Selon un sondage Eurobaromètre publié en 2007, seuls 28 % des Luxembourgeois disent connaître leurs droits s'ils font l'objet d'une discrimination ou d'un harcèlement - c'est 4 points de moins que la moyenne européenne. Conclusion de Nathalie Morgenthaler : «Il reste définitivement beaucoup à faire.» 

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