FOOTBALL: «Ce groupe, on dirait que c'est moi qui l'ai tiré»
EURO-2012 Après le tirage au sort qui a placé la Bosnie-Herzégovine dans le même groupe que le Luxembourg, Miralem Pjanic vit un rêve éveillé. Il avoue avoir déjà eu Joël Kitenge au téléphone, avoir pensé aux tacles récupérateurs de Ben Payal, s'être réjoui de retrouver son mentor, Guy Hellers. Mais il ne craint pas le public luxembourgeois. Un homme heureux...
Le milieu de terrain lyonnais pense être amené à prendre un peu plus de responsabilités dans l'équipe que Safet Susic mettra en place. Titulaire au stade Josy-Barthel? Il y croit fort. Il le veut. / Entretien avec notre journaliste Julien Mollereau
Ce tirage au sort, l'avez-vous vu en direct?
Miralem Pjanic: En fait, je m'étais préparé à le regarder en direct , mais je n'y ai plus pensé et je suis parti faire la sieste (NDLR : Lyon jouait dans l'après-midi à Toulouse, dimanche). Ce sont des journalistes bosniaques qui m'ont réveillé pour m'annoncer que je retournerai au Luxembourg.
Le téléphone a-t-il beaucoup sonné?
Beaucoup d'amis du Grand-Duché m'ont envoyé des SMS. Beaucoup de Bosniaques d'ailleurs, qui se réjouissent de voir leur sélection. Je sais d'avance que le stade sera plein.
Pas de joueurs luxembourgeois au bout du fil?
Si, j'ai longuement discuté avec Joël (Kitenge). On est heureux de se retrouver. C'est beau, c'est bien. J'en ai aussi parlé énormément avec mes coéquipiers lyonnais de la sélection française. Ce groupe, il est parfait, on dirait que c'est moi qui l'ai tiré...
Vous en êtes surtout l'un des favoris depuis le parcours exécrable de la Roumanie lors de la dernière campagne...
Je pense effectivement qu'on est assez costauds pour lutter pour la deuxième place, car la France est archi-favorite. Nous, on a étonné pas mal de monde récemment, mais il nous manque peut-être encore un défenseur costaud.
Craignez-vous la réaction du public luxembourgeois à votre égard au stade Josy-Barthel?
Étant très attaché au Luxembourg, je serais triste d'être sifflé, mais je ne pense pas que cela sera le cas. Beaucoup de gens du Grand-Duché avec qui j'ai eu la chance de parler ces dernières années m'ont dit qu'ils comprenaient mon choix d'opter pour la Bosnie. Je me devais d'être réaliste. Je veux jouer une Coupe du monde un jour, voir une phase finale d'un championnat d'Europe... La Bosnie, c'était mieux pour MON (NDLR : il insiste) futur.
Même Guy Hellers, qui, dimanche, s'est dit ravi de vous revoir, semble l'avoir compris...
Moi aussi, je suis heureux de le retrouver. À l'extérieur, j'ai toujours défendu son travail. Il fait vraiment un super boulot. Récemment, je me promenais sur le site internet de la fédération et je suis allé consulter les effectifs de jeunes. J'ai été épaté de voir le nombre de jeunes qui sont désormais à l'étranger.
Vous êtes-vous revus depuis que vous avez pris la décision d'opter pour la Bosnie?
Une fois, lors d'un match au Fola. On a juste pris des nouvelles l'un de l'autre et il m'a dit qu'il trouvait que mon évolution était bonne...
Quel est le match le plus important à vos yeux? Un duel qui pourrait vous permettre de jouer la qualification contre la France ou la Roumanie, vos adversaires les plus sérieux, ou une rencontre contre les Roud Léiwen?
(Il souffle) Je dirais plutôt que la qualification, de toute façon, se jouera plutôt contre des "petits", comme le Belarus ou l'Albanie. Les matches pièges quoi... Notre force, lors de la dernière campagne, c'était de prendre les points dans des matches prétendument peu difficiles, mais qu'on devait gagner pour y croire.
Vous n'avez pas cité le Luxembourg dans les "petits"...
Il suffit de regarder les matches contre les Pays-Bas (NDLR : lors des éliminatoires pour l'Euro-2008), qui ont galéré pour le battre, mais aussi de voir les résultats contre la Suisse ou le Belarus, justement...
À quelle équipe vous attendez-vous?
Je n'ai pu voir que des résumés, des bouts de matches, ces dernières années. Mais les résultats étaient souvent très serrés. Le beau jeu ne serre à rien contre le Grand-Duché. Je suis bien placé pour le savoir: tous les jeunes de cette équipe, je les connais d'autant mieux que j'ai évolué avec eux. Je connais leur mentalité, je sais qu'ils ne lâcheront rien!
Y compris celui que vous retrouverez à votre marquage...
(Il rit) Ce devrait être ce petit con de Ben (Payal). En voilà un qui est très énervant à jouer. En sélection de jeunes, il était toujours là à enquiquiner nos adversaires après plus d'une heure de jeu...
Est-ce à dire que votre position n'évoluera pas avec le départ de Blazevic?
Je ne pense pas, en tout cas, que le nouveau sélectionneur, Safet Susic, me demandera de m'exiler sur un côté. J'en ai discuté avec lui, il pense à m'associer à Misimovic, dans l'axe, un peu en numéro 10.
Le Luxembourg prendra-t-il des points dans ce groupe D?
Il ne faut pas se dire qu'ils n'en feront pas. Ils ont démontré la saison passée qu'ils savent comment faire. Moi, je n'ai aucun doute qu'ils feront des points et je n'ai aucun souci avec ça du moment que ce n'est pas contre la Bosnie.
Vous connaissez encore le Ons Heemecht?
Oui, oui, je connais encore les paroles.
Vous ne risquez pas de vous laisser aller à le chanter?
Oh là, non! Je n'ai aucune envie de passer au zapping. Peut-être dans la tête alors. En tout cas, très honnêtement, cela me fera bizarre, mais énormément plaisir. Ce match, j'ai trop envie de le jouer, d'y être déjà. Contre le Luxembourg, je serai à fond!





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