«J'ai commis une faute»
Vincenzo Centrone (33 ans) est resté stupéfait lorsqu'il a appris le résultat de l'échantillon A du contrôle antidopage subi, juste après les championnats nationaux de Differdange dont il avait remporté le titre élite sans contrat. De notre journaliste Denis Bastien
Vincenzo , vous venez de recevoir le résultat, non négatif de votre contrôle antidopage après votre titre national. Comment l'expliquez-vous?
Vincenzo Centrone : J'ai été en effet contrôlé le 28 juin dernier, juste après les championnats nationaux. Je suis tombé par terre lorsque j'ai appris que le résultat était positif. Je ne m'y attendais pas du tout.
Quel est le produit incriminé?
Le Modafinil, c'est un coupe-faim, un brûleur de graisse. Je ne pensais jamais que je risquais d'être positif avec ça. Jamais...
Comment vous l'êtes-vous procuré?
Sur internet. Il y avait différentes marques et voilà, j'en ai choisi une. Le site me paraissait sérieux. J'ai commis une faute, mais je le répète, je ne pensais pas que je pourrais être positif...
N'avez-vous pas songé que vous courriez un danger, car vous saviez que vous risquiez d'être contrôlé?
Non, car j'ai lu attentivement la notice et j'ai comparé le nom des substances à celles qui figurent sur la liste des produits interdits. Je ne suis pas stupide.
Ce n'est pas la première fois qu'un sportif est positif avec un produit acheté sur internet...
Effectivement et je crois que de nos jours, on ne peut plus rien faire. À ma connaissance, je ne courais aucun risque, je me suis trompé et oui, je suis fautif. Mais j'ai la conscience tranquille.
Qu'allez-vous faire à présent?
Je vais trouver un laboratoire où je pourrai faire analyser ce produit. Et en fonction du résultat, je ferai les démarches nécessaires.
Vous voulez en avoir le cœur net?
Oui, car si j'avais lu le nom d'une substance interdite, je ne suis pas plus fou qu'un autre, je ne l'aurais pas fait. J'avais un petit problème de poids avant le championnat, mais jamais je ne voulais prendre un stimulant pour améliorer mes performances. Aujourd'hui, oui, je m'en veux...
Allez-vous demander l'analyse de l'échantillon B?
Non, je ne pense pas car c'est le sportif lui-même qui doit payer. Je préfère garder cet argent pour faire analyser ce produit.
Vous voulez prouver que la société qui vend ce produit a commis une faute?
C'est une société américaine, je suis réaliste. Mais franchement, psychologiquement, ça me fera du bien de savoir que je ne pouvais pas savoir que ce que j'ai acheté sur internet contenait un produit non indiqué sur l'étiquette. Mais la faute, je ne la nie pas. J'assumerai.
Comment vous sentez-vous?
Je suis effondré, j'étais si heureux et fier de mon titre. Tout le monde ne le comprendra pas. Mais je ne pensais jamais que je commettais une faute en mon âme et conscience. J'essaie donc de relativiser. Ce n'est pas facile. Je me dis aussi qu'il y a plus grave que ça dans la vie, il y a des gens malades, des gens qui souffrent. Bien sûr, en ce moment, ce n'est pas facile. J'ai toujours vécu pour le sport et je sais que beaucoup de personnes seront déçues. Et ça me rend malade. Mais qu'ils sachent que je suis de bonne foi. Je ne nie pas être positif pour autant. Mais j'ai la conscience tranquille, je ne voulais pas tricher, juste arriver un peu plus vite à mon poids de forme.
À votre avis, que va-t-il se passer?
Je vais devoir rendre le maillot et la médaille. Ce titre, ça faisait treize ans que je le voulais. C'est dommage, je pensais l'avoir gagné à la régulière. J'espère que je reviendrai pour le gagner mais je n'en suis pas là. En tout cas, c'est dur, mais j'assume.




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