« Cocteau, de la scène au sacré » (Photos)
Dans le cadre de l’exposition « Cocteau, de la scène au sacré », co-organisée par la Fondation Solange Bertrand, la Ville de Montigny-lès-Metz invite le public à la rencontre d’un témoin prestigieux de la vie et de l’œuvre de Jean Cocteau.
Le samedi 23 janvier 2010, à 15 heures précises au Château de Courcelles (73, rue du Pont-à-Mousson F-57950 Montigny-lès-Metz), Mademoiselle Carole Weisweiller partagera ses souvenirs d’enfance et d’adolescence aux côtés de celui qu’elle considère comme un deuxième père. Elle présentera également sur grand écran, le court métrage rare « La Villa Santo Sospir », tourné par Jean Cocteau à la demeure estivale éponyme des Weisweiller à Saint-Jean-Cap-Ferrat en 1950. Jean Cocteau a tatoué de fresques tous les murs blancs et nus de cette magnifique villa privée, aujourd’hui intacte et classée Monument Historique de la France depuis 1995.
Jean Cocteau se rapprocha de la famille Weisweiller par l’intermédiaire de la tante de Carole, Nicole de Rothschild, qui, sous le nom de Nicole Stéphane, avait tenu le rôle protagoniste dans le film Les Enfants terribles de Jean-Pierre Melville, film adapté du célèbre roman de Jean Cocteau en 1949. La mère de Carole, Francine Weisweiller (1916-2003), descendante d’une famille de bijoutiers lorrains d’origine juive avait commandité plusieurs films de Jean Cocteau, dont Le Testament d’Orphée (1960), avec le soutien de son mari et père de Carole, Alec Weisweiller, descendant des Deutsch de la Meurthe, famille d'industriels et de mécènes, banquiers et héritiers de la société pétrolière Shell.Mademoiselle Carole Weisweiller, productrice de cinéma, est également l’auteur de : Les Murs de Jean Cocteau, Editions Hermé, 1998.
Jean Marais, le Bien-Aimé, Editions du Rocher, 2002.
Jean Cocteau. Les années Francine 1950-1963, Editions du Seuil, 2003.
Associée à son frère, Gérard Worms, dans la direction des Éditions du Rocher, la mère de Carole y publia une grande partie des livres de Cocteau au cours des années 1950. L'hôtel particulier parisien des Weisweiller, au 4, place des États-Unis à Passy, était voisin de celui de Marie-Laure de Noailles. Dans ce milieu d’amateurs d’art, la famille Weisweiller a tenu pendant douze ans un salon artistique avec des hôtes tels que Madeleine Castaing, Yul Brynner, Jean-Edern Hallier, Jean Marais, Georges Auric, Francis Poulenc, Pablo Picasso, Jean Genet, Igor Stravinsky, François Truffaut, Jean Babilée, Olivier Larronde, Alain Delon, Romy Schneider, Bernard et Annabel Buffet, Pierre Bergé, Yves Saint Laurent, Marlene Dietrich, Greta Garbo, Paul Kuentz, Henri-Georges Clouzot, Georges Cravenne, Denise Duval, la princesse Agha Kahn, la Reine Elisabeth de la Belgique.
C’est tout un pan de la vie artistique et littéraire française du 20e siècle qui resurgira à Montigny-lès-Metz le 23 janvier 2010, grâce à cet évènement exceptionnel, à l’issue duquel Mademoiselle Carole Weisweiller dédicacera son livre « Je l’appelais Monsieur Cocteau » (éditions du Rocher, 1996). Dans sa préface à ce livre, Jean Marais note : « A chacun sa vérité. Celle de Carole me touche car sa mémoire ne se trompe jamais. C’est une autre facette de Jean Cocteau que je découvre dans le regard de cette enfant puis de cette jeune fille. Personne avant elle n’avait décrit la vie quotidienne et simple du poète, ni le souci éducatif qui l’animait : il associait la fillette à sa vie artistique, à ses problèmes et à ses soucis, développant à la fois sa sensibilité et son sens de la responsabilité. La réussite fut si complète qu’une véritable complicité s’installa entre eux ; mais si Carole eut le bonheur de recevoir l’éducation du poète, elle eut aussi le talent de capter ses ondes, s’enthousiasmant à l’occasion, avant que Jean Cocteau ait exprimé la moindre opinion, sur un tableau, une sculpture, un pays, une ville. C’est ainsi qu’à leur suite nous découvrons, de manière toujours cocasse et inattendue, des œuvres, des stars, des peintres, des festivals… », dont la première de Pelléas et Mélisande à Metz en 1962 avec les décors et costumes de Jean Cocteau.
Yannis Kontaxopoulos




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