Victimes ou mythomanes?
LUXEMBOURG Un infirmier est poursuivi pour attentat à la pudeur et viol sur une patiente. Quelques mois auparavant, il aurait déjà laissé ses mains se balader.
Le prévenu nie tout. Les victimes, dont l'une n'a jamais porté plainte, sont réputées fragiles psychiquement. L'infirmier se défend, affirme avoir simplement fait son travail et il aurait juste effleurer un sein en prenant la tension. / De notre journaliste Geneviève Montaigu
L'infirmier, en mesurant la tension de la patiente, a pu lui effleurer le sein. Des témoins et collègues du prévenu en ont convenu. Si la patiente est endormie, couchée sur le côté et recroquevillée, c'est même quasiment inévitable. Mais quand la patiente se réveille en sursaut alors que l'infirmier lui caresse les seins, c'est autre chose.
Dans le box, un infirmier poursuivi pour viol et attentat à la pudeur à la suite d'une plainte déposée par une autre patiente. Elle aussi, trois mois après l'incident avec la jeune fille, s'est dit victime des mains baladeuses de l'infirmier.
La première fois, c'était en décembre 2005. Une jeune patiente de 18ans accuse l'infirmier de lui avoir touché le sein en prenant sa tension. À une infirmière psychiatrique, la jeune patiente, très fragile, confie que le prévenu lui aurait également demandé une fellation, mais son téléphone a subitement sonné sur sa table de chevet et l'infirmier a quitté la chambre.
La victime n'a pas porté plainte. Et ne parlera à personne d'autre de cette histoire de fellation.
À la barre, la concubine du prévenu, elle-même infirmière dans le même établissement de soins du pays, se souvient bien de cette nuit du 19 décembre. Ben, le prévenu, l'avait appelée dans son service pour un souci. «Quand je suis arrivée dans la chambre de la patiente, sa mère se tenait là à dire que ce n'était pas grave, qu'il ne s'était rien passé, que sa fille avait eu ses cinq minutes, que ça lui arrivait. J'ai interrogé la patiente, elle m'a dit qu'il n'y avait rien.»
L'infirmier est venu prendre la tension. La patiente dormait, elle a sursauté quand son téléphone a sonné au moment où l'infirmier lui effleurait le sein dans sa manipulation. Voilà tout ce qui s'est passé, selon l'infirmier.
Santé fragile
Mais cette page tournée, un second épisode malheureux survient en mars de l'année suivante, en 2006. Une patiente va jusqu'à accuser l'infirmier de viol au beau milieu de la nuit. Une fois encore, l'infirmier se défend d'avoir commis un tel crime et d'ailleurs cette nuit-là, il était fort occupé à calmer un patient agité au point d'avoir réclamé de l'aide à ses collègues des autres services.
«Nous étions à trois pour nous occuper du vieux monsieur, une sangle du lit était partie, et il a fallu nettoyer le sang qui s'était échappé des poches. Nous sommes restés près du patient jusqu'à 3h», témoigne une collègue du prévenu. Et Ben a appelé du renfort vers minuit, heure à laquelle il aurait commis le viol sur la patiente.
Or, à aucun moment, la patiente n'a appelé de l'aide. Elle n'a pas actionné sa sonnette. Mais elle a appelé son mari qui rentrait de son service de nuit pour lui dire de venir tout de suite. «Elle pleurait au téléphone, mais ne disait rien d'autre. Je devais venir», raconte le mari.
«Est-ce que votre femme est parfois fantasque?», questionne le président. «Elle peut dire des petites choses qui sont fausses», avoue-t-il. Le président se réfère au dossier qui renseigne sur la fragile santé psychique de la patiente. On peut douter de ses propos d'autant qu'ils ont varié au fil des interrogatoires. L'examen gynécologique, pratiqué un peu tard, n'a rien déterminé. Les débats reprennent cet après-midi. Le procès est prévu jusqu'à jeudi.




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